art primitif (Chenouard Eric)

Annonces




cueto

           

 

 

 

Cueto-Coventosa: Chronique d'une première fois (ou une histoire pour ne plus dormir)

 

            Pedro Merino Mugica  publication  dans AER vol 1 décembre 1996  (spéléo club Ramalès).

 

 

C'est le 19 Novembre de bonne heure que je me dirige vers le local du club avec l'idée de passer  une fin de semaine « différente ».

 

Hier, on m'a dit que nous allions faire la traversée Cueto-Coventosa, j'ai dit d'accord sans savoir ce qui m'attendait :

à côté descendre aux enfers est une balade de santé pour quelqu'un d'inexpérimenté comme moi.

Ce qui m'a mis la puce à l'oreille c'est quand j'ai entendue qu'il y avait un puit de 300 mètres.

J'ai demandé si nous allions le descendre, ils m'ont dit que c'était seulement le premier puits, la peur panique devint une compagne inséparable pour les heures suivantes.

Arrivé a San Juan de Socueva là ou les voitures ne pouvaient plus rouler, la surprise suivante fut les 2 heures de montée au trou.

Je suis monté avec  résignation et une bonne collection de jurons.

Je pensais que ce serait le pire,  erreur !

 

            L'entrée est petite et peu impressionnante mais quand nous sommes entrés

(Champi,Dany, Martin, Gelo, Wychy, Olarra et moi) et après les 10 mètres  de galerie, que je me suis penché au dessus du puits de 317mètres mon petit courage disparu complètement.

 

Une fois sur la corde malgré mon athéisme confirmé je fus surpris par une forte attaque de mysticisme.

Je me suis demandé à qui de Dieu ou du Diable j'aurais pu vendre mon âme contre la  promesse de ne pas sortir trop détérioré  de ce trou ?

 

De toute façon Dieu ou Diable la fuite vers la sortie est le meilleur traitement.

Maintenant commence véritablement l'horreur. Le puits se décompose en jets de 50 mètres avec des relais.

Au premier jet  je me brûle la main en serrant  la corde sur 4 mètres jusqu'au reflex de Jésus qui tire rapidement la corde.

Je lui doit la vie mais il ne s'attend pas à ce que je  l'a lui rendre.

50 mètres plus bas je remercie  Wychy pour ces gants, mais, ce n'était pas mon jour et  un gant se coince dans mon descendeur.

En essayant de contenir le peu de calme qui me reste, je force comme un décousu, mais je suis incapable de redresser la situation,

vient  la plus grande panique de toute ma pauvre existence,

je crie comme un hystérique, mais la situation ne s'arrange pas : une verticale absolue de 260 mètres est  un sacré obstacle pour la sortie.

Après 20 minutes wychy trouve la solution à mon problème en me traitant d'idiot et en me taillant un sérieux costar.

Nous reprenons enfin la descente, le reste de la bande est descendu assez tranquillement a -581 ou ils nous attendrons 8 heures !!!

 

            A partir de là commence véritablement une drôle de chanson : un gros paquet d'heures à pied avec galeries, quelques puits, méandres, comme toujours je suis le « lourdaud » de la bande.

7 heures après je ne sens plus mes jambes, ni mes bras, ni mes yeux, ni rien.

Je mentirais si je vous disais n'avoir  pas eu de problèmes avec mon casque comme par hasard 

Quand c'était le plus nécessaire, dans les zones compliquées avec des méandres en opposition.

 

 

 

 

            Mes compagnons sont plus fatigués de moi, que moi de la grotte et ce n'est pas peu dire.

De plus mes amis taquins m'avaient raconté les accidents passés de la cavité :

L'Anglais qui s'est noyé avec ses bottes, le Suisse qui a eu la jambe amputée, tout pour me rassurer.

Nous passons l'oasis, la galerie de Noël, la salle blanche et …  vient le  «  trou souffleur » une étroiture verticale de 17 mètres de haut pour 40cms de large !!!

 

A ce niveau je n'avais plus les idées claires je me dit que pour faire cette activité (avec des mots plus vulgaires) il faut avoir eu une enfance malheureuse ou un retard mental à un grade élevé.

Quand nous étions dans les grandes galeries de la Coventosa  je commençais à devenir un peu optimiste et pensais sortir seulement atteint physiquement et psychologiquement ;

quand arrive le « dessert » : 3 lacs en bateau pneumatique de 2 places mais comme nous sommes déments nous voyageons à 3 !!!

 

A ce moment je repense à l'Anglais mort d'une hydrocution dans un de ces lacs et je me promets de ne jamais descendre plus bas que le métro de Bilbao.

Après ce chemin de croix arrive la dernière partie ou je me suis fait aider pour les grimpettes, mes forces m'ont quitté quand je me suis écorché sur des roches coupantes.

Quand, en haut de la dernière corde, j'ai  vu la lumière du jour je me suis considérer comme l'homme (ou quasi !) le plus chanceux du système solaire et de l'univers.

 

            J'arrive chez moi à une heure passée de l'après midi, même mon père ne m'aurait pas reconnu après ces quelques 29 heures de crapahu sous terre.

Une douche et comme un pantin je sombre dans mon lit. Au réveil j'ai tellement souffert brutalement que je me promets solennellement que pour toutes mes réincarnations

je me pendrais avec mes propres tripes avant de remettre les pieds dans une grotte !!!!

 

Promesse que j'ai modifié un an et demi après, jour pour jour quand j'ai attrapé cette maladie nommée Spéléologie j'ai juste juré  de ne plus remettre les pieds au Cueto ;

Même avec une thérapie de groupe il y a peu de chance que je change d'avis.

 

Pedro Merino Murina

Extrait de la revue AER VOL1 DEC 96

 Traduit de l'espagnol par E.C

 

 



Article ajouté le 2005-11-03 , consulté 582 fois

Commentaires



Poster un commentaire





http://





Merci de recopier le nombre présent à gauche dans la case de texte ci-dessous ( Pourquoi ? )





Liens


Retour aux articles


Recommander ce blog | Contacter l'auteur | Reporter un abus | S'abonner au blog Flux RSS du blog | Espace de gestion

Créer un blog gratuit avec Blog4ever



Parrainé par Actualité informatique, information, presse

design by ksa | kits graphiques by krek